Ce matin au réveil, votre moitié et vous, étiez dans un état semi-comateux. Lui, parce qu’il avait travaillé jusque tard dans la nuit, et vous, parce que vous n’aviez travaillé que jusqu’à dix-sept heures, signifiant par-là que vous vous étiez occupée des enfants ensuite : une véritable séance de yoga (cette discipline spirituelle et corporelle particulièrement relaxante).

Vous disiez donc que vous aviez l’énergie d’une huître au mois d’août, ce qui explique pourquoi, lorsque vous entendez les astres de vos jours descendre au salon, vous ne soulevez que vaguement une paupière pour la refermer aussitôt. Pourtant vous savez, oui vous savez, que ce n’est pas une bonne idée de laisser errer vos petites hélices à bêtises dans la maison. Mais voilà, vous êtes totalement tétanisée par la fatigue, alors vous les laissez faire.

Quand Petite Bébé revient un peu plus tard vers vous en vous annonçant, toute guillerette: « j’ai bien travaillé maman », vous craignez le pire. Vous avez raison. Votre petite chérie, assistée dans son œuvre par son très dévoué grand frère, a minutieusement réparti le contenu d’un paquet de graines de courge sur le sol de la cuisine. Vous n’étiez pas encore trop sûre de savoir quoi faire de cette ingrédient : grâce à ces petites mains charitables, la question est réglée (pourquoi donc avoir acheté ce produit alors ? C’est manifestement, une des nombreuses résultantes de la fuite de vos neurones vers des cieux plus cléments).

Connaissant votre joyeuse équipe, vous devinez que vous n’êtes pas au bout de vos surprises. Vous fouinez donc un peu et bingo (vous êtes toujours gagnante à ce jeu-là malheureusement), vous tombez sur des petits tas de poudre brunâtre qui décorent plaisamment quelques nounours en peluche. Intriguée, vous prenez une pincée de cette chose et vous apprenez ainsi qu’il s’agit de café. Un peu plus loin, vous trouvez une capsule de votre machine à expresso évidée (quelle merveilleux concept, n’est-il pas ? Si vous en étiez restée à vos cafés filtres, c’est tout le salon qui serait couvert de l’entièreté d’un paquet de café moulu. On n’arrête pas le progrès).

Le reste de la journée est à la hauteur de la matinée, surtout que votre mari a dû aller travailler bien qu’il soit samedi. Vous êtes donc très fière d’avoir résisté à la tentation (plutôt tenace) de vous pendre avec un spaghetti. Vers dix-neuf heures vous finissez par réussir à mettre vos petits gremlins au lit (mmmmmmmmmdah !).

Trente-deux secondes top chrono après la mise au lit de vos chérubins, dans la maison, on n’entend plus que le bruit de vos doigts qui courent sur le clavier de votre ordinateur.

Il ne vous reste donc plus qu’à aller vous vautrer dans un canapé: il vous faut impérativement éviter une crise cardiaque. En effet, vous ne voudriez pas que le service de la protection de la jeunesse contacté par les ambulanciers, se questionne sur la raison qui vous a conduite à laisser la robe de Petite Bébée SOUS son pyjama.

A n’en pas douter, c’était céder devant cette étrange requête ou votre pendaison par spaghetti trop cuit.