Vos petits chérubins arrivent à un âge où ils ont envie de faire leurs propres expériences.

Youpi.

Petite Bébée par exemple entre avec fracas dans l’ère bénie du « pipi-caca » qui ravit bien entendu tout parent digne de ce nom. Vous êtes tranquillement en train de lui lire l’histoire de « pinpin et ses amis » quand elle bondit d’un coup en disant « pipi ». Votre fille n’a toujours pas deux ans et à part lorsqu’elle est dans son bain, n’a jamais vécu un instant sans couche-culotte. Vous doutez donc du bien-fondé de sa requête. Vous avez raison. Si elle se dirige sans hésiter vers les toilettes et s’installe sur la lunette, elle ne trouve pas indispensable d’enlever son pantalon ni son Pampers. Elle prend un bout de papier (sa passion ainsi que celle de son frère, la publicité dans laquelle un petit garçon déboule en traînant derrière lui tout un rouleau ne vous fait plus sourire: vous la vivez régulièrement dans votre salon) et fait semblant de s’essuyer. Elle vous indique qu’il est temps « d’appuyer bouton » (tirer la chasse d’eau) et voili, voilà. En bonne mère que vous essayez (vainement) d’être, vous vous dites qu’il faut profiter de l’occasion pour lui montrer comment on fait vraiment. Vous lui enlevez pantalon/body/pampers et vous lui faites recommencer l’opération. Pour rien bien sûr, sauf le plaisir de dévider un nouveau rouleau de papier de toilette et de « réappuyer bouton ».

Encore plus que 3’264 essais et elle sera propre.

Grand Bébé n’en est pas en reste. Il prend le pot que vous avez –en vraie utopiste que vous êtes – mis à sa disposition « au cas où », s’assoit dessus … et circule dans la salle de bain en faisant « vroum vroum ». Vous lui expliquez que le pot n’est pas une voiture et lui demandez s’il doit faire caca (le vocabulaire de maman est assez figuratif voyez-vous). Voui. Vous vous lancez immédiatement dans l’opération enlever pantalon/body/Pampers. Grand Bébé se rassoit sur le pot fait « vroum vroum » en faisant le tour de la salle de bain. Vous en concluez fort judicieusement que la propeté pour lui non plus ce n’est pas encore pour demain.

Ni après-demain d’ailleurs.

Vos petits anges veulent aussi manger tout seuls. Cela fait déjà plusieurs mois que cela dure et vous doutez encore que vous allez survivre à l’expérience. Ils se servent à pleines poignées et renversent de la nourriture par terre en quantité suffisante pour nourrir tout le Biafra. Dire que cela vous énerve est un euphémisme. Non seulement vous avez horreur du gaspillage mais en outre vous êtes désignée d’office pour ramasser tout ça. Votre empressement à nettoyer par terre est très relatif, ce qui vous fait dire parfois qu’à l’instar de chez la nounou, chez vous on pourrait manger par terre : chez la nounou tellement c’est propre, chez vous tellement il y a de délicieux mets à récolter sous la table. Honte à vous (tant pis, vous préférez ça à la dépression nerveuse qui vous guette chaque fois que vous vous mettez à quatre pattes éponge en main et que vos DEUX charmants bambins jettent leur dévolu sur votre dos pour s’asseoir dessus, dos qui en a plein le dos cela va sans le dire).

Vos enfants aiment aussi à s’essayer à l’habillage/déshabillage comme des grands. Chouette. Au début vous pensiez sincèrement que cela allait être un grand pas en avant pour l’humanité (la vôtre en tous les cas). Belle erreur. A cause de cette initiative, vous devez rajouter pour ce rituel au moins quinze minutes de plus à l’horaire déjà serré du matin.

Grand Bébé « veut pas » que vous lui enleviez son pantalon de pyjama. Cris (lui-vous-lui-vous-lui : vous cédez). Il n’y arrive pas mais s’obstine quand vous voulez lui donner un coup de main « non MOI, cé MOI, cé MOI ». Message reçu, vous attendez patiemment en regardant votre montre toutes les trentes secondes : vous avez un bus à prendre à 7h50. Le suivant est à 8h18 (vive la campagne), le temps de déposer les enfants chez la nounou vous craignez d’arriver une fois encore en retard au bureau. Finalement votre petit amour soit, réussit dans son entreprise, soit, finit par tolérer que vous l’aidâssiez.

Et vous recommencez avec Petite Bébée.

En ce qui la concerne, vous préférez étonnamment quand elle ne réussit pas à se déshabiller toute seule. En particulier pendant les siestes. En effet, vous avez eu une fois la merveilleuse surprise de la découvrir cul-nu dans son lit, le pantalon lancé avec adresse au milieu de la pièce pour atteindre les chaussettes déjà expédiées par là … et le Pampers ouvert trônant sur le matelas.